Allons, les Morvandiaux,
Chantons la Morvandelle !
Chantons nos claires eaux
Et la forêt si belle,
La truite aux bonds légers dans les roseaux fleuris
Et notre bois flottant qui vogue vers Paris.
Il souffle un âpre vent
Parmi nos solitudes ;
On dit que le Morvan
Est un pays bien rude ;
Mais s'il est pauvre et fier, il nous plaît mieux ainsi,
Et qui ne l'aime pas n'est certes point d'ici.
On veut la liberté
Dans nos montagnes noires ;
Nos pères ont lutté
Pour elle et non sans gloire ;
Rêveurs de coups d'État, César de quatre sous,
Les braves Morvandiaux se moquent bien de vous.
Jadis - on nous l'a dit -
Surgirent nos ancêtres
Brisant le joug maudit
De leurs avides maîtres ;
Ils firent bien danser les moines, leurs seigneurs,
Repus de leurs misères et gras de leurs sueurs.
Pourtant nous subissons
Un reste de servage.
Pourquoi ces nourrissons
Privés du cher breuvage ?
Gardons, ô mes amis, nos femmes auprès de nous :
Nos filles et nos fils ont droit à leurs nounous !
Allons, les Morvandiaux,
Chantons la Morvandelle,
Les bois, les prés, les eaux,
Aimés d'un cœur fidèle,
Nos bûches qui s'en vont, Paris s'en chauffera,
Nos gars et leurs mamans, Paris s'en passera !
La Morvandelle - 1903 - par Maurice Bouchor.
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mardi 7 juin 2011
dimanche 19 décembre 2010
Patrie celtique.
Au coeur d'une forêt surplombant la vallée de l'Ouche (Bourgogne), sous trois grands chênes, les trois sépultures de la famille Vincenot matérialisent la seule fidélité qui compte : celle qui relie les hommes à leurs proches et à leur terre.
samedi 27 novembre 2010
Identité alsacienne, nos racines sont aussi dans le cochon !
L’Office pour la langue et la culture d’Alsace (OLCA), organisme public chargé de promouvoir la vitalité de l’identité régionale, lance une nouvelle campagne d’affichage destinée à familiariser le public non-dialectophone au généreux vocabulaire gastronomique alsacien. Le thème choisi ? La charcuterie. Difficile de faire plus populaire et plus enraciné. Il s’agit d’illustrer l’infinie tradition culinaire du cochon et « d’inciter les Alsaciens à faire leurs emplettes dans la langue régionale ».
La campagne est organisée en partenariat avec la Fédération des bouchers-charcutiers-traiteurs d’Alsace et la Corporation du Bas-Rhin, avec qui l’OLCA a signé, le 9 septembre dernier à Strasbourg, une charte pour la promotion de l’alsacien. Des affichettes seront distribuées gratuitement aux clients des différentes enseignes de cochonnailles partenaires de l’opération ; elles leur permettront de réviser sans peine à la maison les doux vocables alsaciens désignant saucisses, jambons et autre museau persillé. En tant pis pour les esprits chagrins qui soupçonneraient ici une nouvelle forme d’exclusion.
« La cuisine est, comme bien d’autres éléments, la manifestation d’un comportement culturel, au sens anthropologique du terme, les coutumes culinaires peuvent même ressortir à un patrimoine à valoriser, à préserver quand il est l’objet de menaces. »
(Revue Culture & Musées, Actes Sud, juin 2009).
Novopress-Alsace
La campagne est organisée en partenariat avec la Fédération des bouchers-charcutiers-traiteurs d’Alsace et la Corporation du Bas-Rhin, avec qui l’OLCA a signé, le 9 septembre dernier à Strasbourg, une charte pour la promotion de l’alsacien. Des affichettes seront distribuées gratuitement aux clients des différentes enseignes de cochonnailles partenaires de l’opération ; elles leur permettront de réviser sans peine à la maison les doux vocables alsaciens désignant saucisses, jambons et autre museau persillé. En tant pis pour les esprits chagrins qui soupçonneraient ici une nouvelle forme d’exclusion.
« La cuisine est, comme bien d’autres éléments, la manifestation d’un comportement culturel, au sens anthropologique du terme, les coutumes culinaires peuvent même ressortir à un patrimoine à valoriser, à préserver quand il est l’objet de menaces. »
(Revue Culture & Musées, Actes Sud, juin 2009).
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samedi 30 octobre 2010
Benvegnua en payis arpitan - Bienvenue en Arpitanie .
L’arpitan, également appelé francoprovençal (à ne pas confondre avec le provençal) est une langue à part entière, mais repérée seulement au XIXe siècle, et dont les spécificités et les frontières n’ont été définies qu’au courant du XXe siècle, ce qui explique qu’elle soit si mal connue (localement on dit sans complexe “le patois”).
L’arpitan est parlé dans trois pays : l’Italie (vallée d’Aoste et 8 vallées piémontaises), la Suisse romande (sauf le canton du Jura) et la France (pays de Savoie, Lyonnais, Forez, nord-Dauphiné, sud de la Bourgogne (Bresse, Bugey, Dombe, Beaujolais..) et de la Franche-Comté), à l’intérieur d’un quadrilatère Roanne-Neuchâtel-Aoste-Saint-Etienne. Les villes principales sont Aoste, Genève, Lausanne, Fribourg, Neuchâtel, Sion, Lyon, Grenoble, Chambéry, Annecy, Saint-Etienne, Bourg-en-Bresse, Lons-le-Saunier et Pontarlier. Sa riche littérature a commencé dès la fin du XIIIe siècle et s’est poursuivie sans interruption jusqu’au XXIe siècle. On y trouve de véritables chefs-d’œuvre, mais trop souvent ignorés.
L'Arpitanie désigne un ensemble de régions européennes (suisses, italiennes et françaises, Savoie incluse) géographiquement cohérent - hormis un petit isolat en Italie du sud - ayant la langue arpitane en commun. Chaque région possède ses propres dialectes arpitans, ce qui n'exclut pas l'intercompréhension avec les autres régions.
Le terme arpitan qui signifie montagnard ou berger a été repris au début des années septante (1970) pour répondre au besoin de lever la confusion générée par le terme francoprovençal. La forme particulière arpitan a été choisie pour sa ressemblance avec le nom de la seconde grande langue gallo-romane, l’occitan. Arpitan est formé à partir de la racine pré-indo-européenne alp-, dans sa variante dialectale moderne arp- ; en langue arpitane, ce mot ne désigne non pas la «montagne», une «forme de relief élevé», comme on le croit communément, mais les «pâturages de montagne où les troupeaux sont conduits et passent l'été». Cette racine est présente dans de nombreux noms de lieux, tant en Haute-Provence (Arpasse, Arpette, Arpillon, ...), qu'en Dauphiné (Arp, Arpion, Arpisson, ...), qu'en Savoie (Arpettaz, Arpeyron, Arpiane, ...), qu'en Valais (Arpette, Arpache, Arpitetta, ...) et que sur le versant italien (Arpet, Arpetta, Arpettaz,...). On retrouve cette racine ou sa variante en Lombardie, en Suisse, en Allemagne et en Autriche.
Benvegnua en payis arpitan - Tetramorf.com
L’arpitan est parlé dans trois pays : l’Italie (vallée d’Aoste et 8 vallées piémontaises), la Suisse romande (sauf le canton du Jura) et la France (pays de Savoie, Lyonnais, Forez, nord-Dauphiné, sud de la Bourgogne (Bresse, Bugey, Dombe, Beaujolais..) et de la Franche-Comté), à l’intérieur d’un quadrilatère Roanne-Neuchâtel-Aoste-Saint-Etienne. Les villes principales sont Aoste, Genève, Lausanne, Fribourg, Neuchâtel, Sion, Lyon, Grenoble, Chambéry, Annecy, Saint-Etienne, Bourg-en-Bresse, Lons-le-Saunier et Pontarlier. Sa riche littérature a commencé dès la fin du XIIIe siècle et s’est poursuivie sans interruption jusqu’au XXIe siècle. On y trouve de véritables chefs-d’œuvre, mais trop souvent ignorés.
L'Arpitanie désigne un ensemble de régions européennes (suisses, italiennes et françaises, Savoie incluse) géographiquement cohérent - hormis un petit isolat en Italie du sud - ayant la langue arpitane en commun. Chaque région possède ses propres dialectes arpitans, ce qui n'exclut pas l'intercompréhension avec les autres régions.
Le terme arpitan qui signifie montagnard ou berger a été repris au début des années septante (1970) pour répondre au besoin de lever la confusion générée par le terme francoprovençal. La forme particulière arpitan a été choisie pour sa ressemblance avec le nom de la seconde grande langue gallo-romane, l’occitan. Arpitan est formé à partir de la racine pré-indo-européenne alp-, dans sa variante dialectale moderne arp- ; en langue arpitane, ce mot ne désigne non pas la «montagne», une «forme de relief élevé», comme on le croit communément, mais les «pâturages de montagne où les troupeaux sont conduits et passent l'été». Cette racine est présente dans de nombreux noms de lieux, tant en Haute-Provence (Arpasse, Arpette, Arpillon, ...), qu'en Dauphiné (Arp, Arpion, Arpisson, ...), qu'en Savoie (Arpettaz, Arpeyron, Arpiane, ...), qu'en Valais (Arpette, Arpache, Arpitetta, ...) et que sur le versant italien (Arpet, Arpetta, Arpettaz,...). On retrouve cette racine ou sa variante en Lombardie, en Suisse, en Allemagne et en Autriche.
Benvegnua en payis arpitan - Tetramorf.com
jeudi 28 octobre 2010
Racines régionales.
« La fidélité au sol a engendré des sociétés régionales déjà fort anciennes puisqu'elles ont modelé dès avant l'époque gallo-romaine les traits fondamentaux de ses paysages ruraux. Ces sociétés ne sont pas qu'une source de santé et de vigueur indispensables à l'être physique de la France, elles sont, dans la diversité des langages et coutumes, l'aliment essentiel de son être culturel, la condition de sa durée. »
Georges-Henri Rivière, fondateur du musée national des arts et traditions populaires à Paris.
Georges-Henri Rivière, fondateur du musée national des arts et traditions populaires à Paris.
mercredi 18 août 2010
Vendée d'hier et d'aujourd'hui.
Beau et fier pays que la Vendée.
Pays gorgé d'histoire bien sûr et du prégnant souvenir de son effroyable martyr.Souvenir douloureux et cruel de ces colonnes infernales rasant les villages, tuant les enfants et les vieillards, empoisonnant les puits pour imposer le totalitarisme républicain. Effroyable génocide que certains continuent, malgré les innombrables preuves historiques, à nier effrontément.
Mais au-delà de cette mémoire charnelle qui saisit le visiteur à chaque calvaire et devant chaque église reconstruite sur les ruines de celle incendiée par les « démocrates », la Vendée est également une région qui a su adroitement allier modernité et tradition.
Cette réussite économique et sociale de la Vendée a indiscutablement été favorisée, comme le reconnaissent jusquà ses plus farouches adversaires idéologiques, par l'action d'un Philippe de Villiers qui aurait sans doute été mieux inspiré de continuer à se consacrer à la gestion volontariste et vigoureuse de son fief plutôt que de ségarer dans d'incertaines ambitions nationales.
La Vendée c'est une terre où même si l'on est pas pratiquant, on aime pas que l'on moque l'église et ses principes.
La Vendée c'est un bout de France encore assez largement épargné par l'immigration massive et ses conséquences : le choc des cultures, l'antinomie de valeurs et l'incompréhension mutuelle qui débouche sur la violence.
Bien sûr tout n'est pas rose en Vendée et il n'existe pas d'îlots éternellement protégés au cur de la fournaise d'un pays en proie au déclin et au renoncement, mais il survit malgré tout en ces marais et ces bocages de conséquents vestiges dune France traditionnelle, laborieuse et fière qui donnent un aperçu séduisant de ce que pourrait être une nation retrouvée, réconciliée avec elle-même, à la fois enracinée et conquérante.
Pays gorgé d'histoire bien sûr et du prégnant souvenir de son effroyable martyr.Souvenir douloureux et cruel de ces colonnes infernales rasant les villages, tuant les enfants et les vieillards, empoisonnant les puits pour imposer le totalitarisme républicain. Effroyable génocide que certains continuent, malgré les innombrables preuves historiques, à nier effrontément.
Mais au-delà de cette mémoire charnelle qui saisit le visiteur à chaque calvaire et devant chaque église reconstruite sur les ruines de celle incendiée par les « démocrates », la Vendée est également une région qui a su adroitement allier modernité et tradition.
Cette réussite économique et sociale de la Vendée a indiscutablement été favorisée, comme le reconnaissent jusquà ses plus farouches adversaires idéologiques, par l'action d'un Philippe de Villiers qui aurait sans doute été mieux inspiré de continuer à se consacrer à la gestion volontariste et vigoureuse de son fief plutôt que de ségarer dans d'incertaines ambitions nationales.
La Vendée c'est une terre où même si l'on est pas pratiquant, on aime pas que l'on moque l'église et ses principes.
La Vendée c'est un bout de France encore assez largement épargné par l'immigration massive et ses conséquences : le choc des cultures, l'antinomie de valeurs et l'incompréhension mutuelle qui débouche sur la violence.
Bien sûr tout n'est pas rose en Vendée et il n'existe pas d'îlots éternellement protégés au cur de la fournaise d'un pays en proie au déclin et au renoncement, mais il survit malgré tout en ces marais et ces bocages de conséquents vestiges dune France traditionnelle, laborieuse et fière qui donnent un aperçu séduisant de ce que pourrait être une nation retrouvée, réconciliée avec elle-même, à la fois enracinée et conquérante.
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mardi 10 août 2010
Une terre, un peuple.
Le communautarisme européen, véhiculé par des réseaux de résistance est l'expression d'une prise de conscience identitaire : un certain nombre d'entre nous se rendent compte qu'ils appartiennent à un type d'humanité qui n'est pas le même que celui des gens d'autres continents et en tirent les conclusions qui s'imposent.
Nous appelons donc les Européens soucieux de rester ce qu'ils sont à se regrouper, à s'unir pour s'entraider et se donner ainsi les moyens d'exister.
Chacun doit pouvoir être à l'aise dans un milieu qui est le sien, dans le cadre d'appartenances liées aux origines des personnes. Ce qui peut se traduire par une formule toute simple : chacun chez soi, avec les siens, et tout ira bien.
Le communautarisme européen est, aujourd'hui, la dernière chance des Européens. Il leur faut, s'ils veulent survivre en tant que tels, affirmer leur spécificité, leur identité.
D'abord en apprenant, en découvrant qui ils sont. Quel est le patrimoine humain qu'ils portent en eux, qu'ils incarnent.
A partir de là, tout devient possible. Et, en particulier, l'affirmation d'une nécessaire solidarité qui donne à chacune et chacun d'entre nous le sentiment, la conviction, que son sort, son destin est lié à celui de ses soeurs et frères de sang.
N'ayons pas peur d'être nous-mêmes. C'est en cela et en cela seulement que nous serons dignes de vivre. Ou, s'il le faut, de mourir. Convenablement. C'est à dire debout. En combattant.
Tiré d'un texte de Pierre Vial.
Nous appelons donc les Européens soucieux de rester ce qu'ils sont à se regrouper, à s'unir pour s'entraider et se donner ainsi les moyens d'exister.
Chacun doit pouvoir être à l'aise dans un milieu qui est le sien, dans le cadre d'appartenances liées aux origines des personnes. Ce qui peut se traduire par une formule toute simple : chacun chez soi, avec les siens, et tout ira bien.
Le communautarisme européen est, aujourd'hui, la dernière chance des Européens. Il leur faut, s'ils veulent survivre en tant que tels, affirmer leur spécificité, leur identité.
D'abord en apprenant, en découvrant qui ils sont. Quel est le patrimoine humain qu'ils portent en eux, qu'ils incarnent.
A partir de là, tout devient possible. Et, en particulier, l'affirmation d'une nécessaire solidarité qui donne à chacune et chacun d'entre nous le sentiment, la conviction, que son sort, son destin est lié à celui de ses soeurs et frères de sang.
N'ayons pas peur d'être nous-mêmes. C'est en cela et en cela seulement que nous serons dignes de vivre. Ou, s'il le faut, de mourir. Convenablement. C'est à dire debout. En combattant.
Tiré d'un texte de Pierre Vial.
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mardi 20 juillet 2010
L'identité européenne et ses racines charnelles.
L’européanité est attestée par l’histoire et le caractère transnational des grands faits de culture. Au-delà d’un art rupestre spécifique à toute l’Europe voici déjà 30.000 ans, au-delà des pierres levées et des grands poèmes fondateurs, ceux des Hellènes, des Germains ou des Celtes, il n’y a pas une seule grande création collective qui, ayant été vécue par l’un des peuples de l’ancien espace carolingien, n’a pas été vécue également par tous les autres. Tout grand mouvement né dans un pays d’Europe a trouvé aussitôt son équivalent chez les peuples frères et nulle part ailleurs.
Comme tous les peuples unis par une même culture, les Européens sont les dépositaires d’une très ancienne tradition, mais ils ne le savent pas. La perception leur en a toujours été refusée. En dehors des poèmes homériques, ils n’ont pas d’écriture sainte, bien que la matière en soit offerte par leurs légendes, leur littérature épique et la philosophie antique.
Tout grand peuple a une histoire sacrée qui révèle ses valeurs propres, celles qui donnent un sens à la vie de chacun des siens. Mais la longue histoire des Européens ne leur a jamais été contée. Elle n’a jamais été montrée ni perçue pour ce qu’elle est, un flux continu, comme si un même être, porteur des mêmes significations, avait traversé le temps.
L’Europe n’est pas née des traités de la fin du XXe siècle. Elle est issue de peuples frères qui, entre la Baltique et l’Egée, sur quelques milliers d’année, donnèrent naissance à une communauté de culture sans égal. L’Europe peut donc se définir comme une tradition très ancienne, tirant sa richesse et son unicité de ses peuples constitutifs et de leur héritage spirituel.
Chez tous les peuples indo-européens, que l’on devrait plutôt appeler « boréens », la société aristocratique élargie, celle des hommes libres, à la fois guerriers et propriétaires du sol, anticipe sur ce que sera la cité grecque à partir du VIe siècle avant notre ère.
On en voit l’expression dans l’assemblée des guerriers de l’Iliade, très semblable au Thing germanique et scandinave décrit par Snorri Sturluson. Les Celtes participent du même ordre politique, dont témoignera plus tard la Table Ronde. En revanche, nulle part dans le monde européen on ne verra des roi-prêtres à la tête de castes sacerdotales de type babylonien ou égyptien. A l’époque médiévale et classique les monarchies et les noblesses européennes continueront de résister aux prétentions théocratiques du Saint-Siège, tout en maintenant l’équilibre entre les trois ordres.
« Notre monde [européen] ne sera pas sauvé par des savants aveugles ou des érudits blasés. Il sera sauvé par des poètes et des combattants,par ceux qui auront forgé l’épée magique dont parlait Ernst Jünger, l’épée spirituelle qui fait pâlir les monstres et les tyrans. »
Dominique Venner : Histoire et tradition des Européens, éditions du Rocher.
Comme tous les peuples unis par une même culture, les Européens sont les dépositaires d’une très ancienne tradition, mais ils ne le savent pas. La perception leur en a toujours été refusée. En dehors des poèmes homériques, ils n’ont pas d’écriture sainte, bien que la matière en soit offerte par leurs légendes, leur littérature épique et la philosophie antique.
Tout grand peuple a une histoire sacrée qui révèle ses valeurs propres, celles qui donnent un sens à la vie de chacun des siens. Mais la longue histoire des Européens ne leur a jamais été contée. Elle n’a jamais été montrée ni perçue pour ce qu’elle est, un flux continu, comme si un même être, porteur des mêmes significations, avait traversé le temps.
L’Europe n’est pas née des traités de la fin du XXe siècle. Elle est issue de peuples frères qui, entre la Baltique et l’Egée, sur quelques milliers d’année, donnèrent naissance à une communauté de culture sans égal. L’Europe peut donc se définir comme une tradition très ancienne, tirant sa richesse et son unicité de ses peuples constitutifs et de leur héritage spirituel.
Chez tous les peuples indo-européens, que l’on devrait plutôt appeler « boréens », la société aristocratique élargie, celle des hommes libres, à la fois guerriers et propriétaires du sol, anticipe sur ce que sera la cité grecque à partir du VIe siècle avant notre ère.
On en voit l’expression dans l’assemblée des guerriers de l’Iliade, très semblable au Thing germanique et scandinave décrit par Snorri Sturluson. Les Celtes participent du même ordre politique, dont témoignera plus tard la Table Ronde. En revanche, nulle part dans le monde européen on ne verra des roi-prêtres à la tête de castes sacerdotales de type babylonien ou égyptien. A l’époque médiévale et classique les monarchies et les noblesses européennes continueront de résister aux prétentions théocratiques du Saint-Siège, tout en maintenant l’équilibre entre les trois ordres.
« Notre monde [européen] ne sera pas sauvé par des savants aveugles ou des érudits blasés. Il sera sauvé par des poètes et des combattants,par ceux qui auront forgé l’épée magique dont parlait Ernst Jünger, l’épée spirituelle qui fait pâlir les monstres et les tyrans. »
Dominique Venner : Histoire et tradition des Européens, éditions du Rocher.
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mardi 29 juin 2010
L'Europe des patries charnelles
Parce que le XIXe siècle avait vu la naissance de l’unité italienne et de l’unité allemande, certains le nommèrent un peu hâtivement le siècle des Nations. C’était aller vite en besogne et y voir un prélude à cette Europe des Nations qui fut le grand échec du XX ème siècle.
C’était oublier une des grandes lois de la nature, donc de la politique : les réalités vivantes ne sont jamais semblables et on ne peut appeler, comme aujourd’hui, du même nom de “nation” des entités aussi diverses que l’Espagne ou le Luxembourg, pourtant membres l’une et l’autre à part entière de cette communauté Européenne, qui a décidé de se construire sur les États existants, un peu comme en Afrique qui tient encore compte des frontières coloniales et non des réalités tribales.
Comment inclure dans un ensemble une Allemagne fédérale, bien vivante en ses Länder et une France centralisée, prise dans le corset du jacobinisme ? La plupart des partisans d’une Europe politique ne voyaient pas cette contradiction interne, car ils ne songeaient qu’à l’unification totale du continent.
Mais alors d’où vient l’idée de cette Europe des régions et des peuples ?
La réaction viendra de la base, c’est à dire des militants des “minorités”. L’animateur de Peuples et Frontières le Breton Yann Foueré, né en 1910, qui devait par la suite écrire un superbe livre-manifeste L’Europe aux cent drapeaux (1968) en fut une figure de proue.
C’est au début de l’année 1937 que paraît le premier numéro de la revue Peuples et Frontières, consacré, déjà, au Pays Basque péninsulaire, alors que la Guerre d’Espagne faisait rage et que le franquisme, férocement unitaire, était en train de triompher, alors que s’affrontaient démocraties et fascismes, nationalismes et internationalismes, droites et gauches, naquit un mouvement précurseur.
Il faut lire à ce sujet deux textes essentiels dans Le Français d’Europe. Le premier fut écrit en 1942 et parut en 1943 dans la revue Deutschland-Frankreich. Il s’intitule “France, Angleterre, Allemagne”. Le second, encore plus significatif, fut publié dans la NRF, en mars 1943, sous le titre “Notes sur la Suisse”. On y voit évoqué le mythe d’une Europe en quelques sorte helvétique qui serait celle des peuples et non des nations.
Cette idée de l’Europe des Régions n’est évidemment pas venu de quelque sommet bruxellois ou strasbourgeois mais de la base. Elle est née de militants enracinés dans leur terroir et non pas de fonctionnaires internationaux et technocrates.Le vrai prophète de l’Europe des peuples fut un authentique écrivain. Il s’agit de Saint-Loup. Ancien volontaire du Front de l’Est, qui avait rompu avec l’idée d’une Europe une-et-indivisible à la mode jacobine.
L’imagination fertile de Marc Augier aura beaucoup fait pour que l’idée de l’Europe des Ethnies (ou des Régions ou des Peuples) ait abouti à remplacer chez beaucoup de jeunes, le mot nationaliste par le terme identitaire. Les romans du Cycle des Patries charnelles, comme Nouveaux Cathares pour Montségur ou Plus de pardons pour les Bretons, sont l’œuvre d’un prodigieux éveilleur. Ces récits, où l’imagination transfigure la réalité historique, ne sont pas les témoignages d’une nostalgie du passé mais le fondements d’une vision de l’avenir. Lire le texte intégrale de Jean Mabire
C’était oublier une des grandes lois de la nature, donc de la politique : les réalités vivantes ne sont jamais semblables et on ne peut appeler, comme aujourd’hui, du même nom de “nation” des entités aussi diverses que l’Espagne ou le Luxembourg, pourtant membres l’une et l’autre à part entière de cette communauté Européenne, qui a décidé de se construire sur les États existants, un peu comme en Afrique qui tient encore compte des frontières coloniales et non des réalités tribales.
Comment inclure dans un ensemble une Allemagne fédérale, bien vivante en ses Länder et une France centralisée, prise dans le corset du jacobinisme ? La plupart des partisans d’une Europe politique ne voyaient pas cette contradiction interne, car ils ne songeaient qu’à l’unification totale du continent.
Mais alors d’où vient l’idée de cette Europe des régions et des peuples ?
La réaction viendra de la base, c’est à dire des militants des “minorités”. L’animateur de Peuples et Frontières le Breton Yann Foueré, né en 1910, qui devait par la suite écrire un superbe livre-manifeste L’Europe aux cent drapeaux (1968) en fut une figure de proue.
C’est au début de l’année 1937 que paraît le premier numéro de la revue Peuples et Frontières, consacré, déjà, au Pays Basque péninsulaire, alors que la Guerre d’Espagne faisait rage et que le franquisme, férocement unitaire, était en train de triompher, alors que s’affrontaient démocraties et fascismes, nationalismes et internationalismes, droites et gauches, naquit un mouvement précurseur.
Il faut lire à ce sujet deux textes essentiels dans Le Français d’Europe. Le premier fut écrit en 1942 et parut en 1943 dans la revue Deutschland-Frankreich. Il s’intitule “France, Angleterre, Allemagne”. Le second, encore plus significatif, fut publié dans la NRF, en mars 1943, sous le titre “Notes sur la Suisse”. On y voit évoqué le mythe d’une Europe en quelques sorte helvétique qui serait celle des peuples et non des nations.
Cette idée de l’Europe des Régions n’est évidemment pas venu de quelque sommet bruxellois ou strasbourgeois mais de la base. Elle est née de militants enracinés dans leur terroir et non pas de fonctionnaires internationaux et technocrates.Le vrai prophète de l’Europe des peuples fut un authentique écrivain. Il s’agit de Saint-Loup. Ancien volontaire du Front de l’Est, qui avait rompu avec l’idée d’une Europe une-et-indivisible à la mode jacobine.
L’imagination fertile de Marc Augier aura beaucoup fait pour que l’idée de l’Europe des Ethnies (ou des Régions ou des Peuples) ait abouti à remplacer chez beaucoup de jeunes, le mot nationaliste par le terme identitaire. Les romans du Cycle des Patries charnelles, comme Nouveaux Cathares pour Montségur ou Plus de pardons pour les Bretons, sont l’œuvre d’un prodigieux éveilleur. Ces récits, où l’imagination transfigure la réalité historique, ne sont pas les témoignages d’une nostalgie du passé mais le fondements d’une vision de l’avenir. Lire le texte intégrale de Jean Mabire
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