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mardi 21 juin 2011
L'éducation de la jeune fille de Sparte
Quant aux jeunes filles, il [Lycurgue] voulut qu'elles endurcissent leurs corps par la course, la lutte, le lancer du disque et du javelot ; ainsi les enfants qu'elles porteraient, s'enracinant solidement dans des corps solides, pousseraient avec plus de vigueur ; elles-mêmes seraient pleines de force pour résister à l'accouchement ; elles lutteraient avec courage et aisance contre les douleurs.
Il bannit de leur éducation la mollesse, la recherche de l'ombre et tous les raffinements féminins ; il les habitua à se montrer nues, comme les garçons, dans les processions, à danser et à chanter pendant certaines cérémonies en présence et sous les yeux des jeunes gens. Parfois même, elles leur lançaient des railleries et s'acharnaient sur ceux qui avaient commis quelque faute pour leur bien ; en revanche, elles faisaient dans leurs chants l'éloge de ceux qui en étaient dignes. Elles sucitaient ainsi en eux un grand désir de gloire et de l'émulation. Celui qui s'était entendu louer pour son courage et qui était devenu célèbre parmi les jeunes filles s'en retournait exalté par les éloges, tandis que leurs plaisanteries et leurs railleries étaient des morsures aussi cuisantes que les réprimandes les plus sérieuses, puisque cela se passait en présence de tous les citoyens, des rois et des membres du conseil.
La nudité des jeunes filles n'avait rien de honteux : la pudeur était là, et la licence absente. Cette pratique les habituait à la simplicité et les poussait à rivaliser de vigueur ; elle inspirait aux femmes un orgueil qui n'était pas sans noblesse, puisque tout autant que les hommes, elles avaient part à la vertu et à la gloire. Aussi pouvaient-elles dire et penser ce qu'on rapporte de Gorgô, l'épouse de Léonidas : comme une femme, étrangère sans doute, lui disait : "Vous autres Lacédémoniennes, vous êtes les seules à commander aux hommes", elle répondit : "C'est que nous sommes les seules à enfanter des hommes."
Plutarque, Vies parallèles.
dimanche 14 novembre 2010
Xénophon, historien, politologue, économiste et...mercenaire.
Né près d'Athènes aux environs de 430 avant notre ère durant la tragique guerre du Péloponnèse, qui oppose en plein coeur de l'antiquité Sparte à Athènes, Xénophon est un cavalier plein de fougue que déçoivent les errements politiciens de sa patrie.
Lassé des complots et des mensonges qui transforment la démocratie en une pitoyable démagogie, il s'engage fort jeune comme mercenaire et part combattre en Asie. Rebelle à la décadence, à la médiocrité, au règne de l'argent tout-puissant qui a force de loi dans une Athènes qui se vautre dans les jeux politiciens les plus stériles, il reste en revanche fidèle à l'idéal grec classique de l'homme dévoué à sa cité, à ses proches et à la religion de ses pères.
Arrivés en Asie Mineure, victimes des complots et des trahisons qui sont le lot commun de la politique en orient, Xénophon et dix mille de ses compatriotes mettent en déroute la puissante armée des Perses et traversent d'immenses contrées peuplées de tribus sauvages. L'Anabase, le récit qu’il rapporte de cette prodigieuse aventure, deviendra la bible des aventuriers et des mercenaires de tous les temps.
De retour en Grèce, Xénophon ne peut malheureusement rentrer à Athènes. Les politiciens corrompus qui règnent en maîtres sur la cité se méfient des hommes d'action.
Le voici donc en exil, protégé par Sparte. Le "chien de guerre" se mue en gentleman-farmer. Disciple, tout comme son concitoyen Platon, du moraliste Socrate, il va se mettre à l'écriture et laisser une oeuvre dans laquelle domine l’attachement aux valeurs traditionnelles qui ont fait la force et la renommée des cités grecques.
Outre ses mémoires militaires, (l'Anabase), il sait tour à tour se faire historien, pédagogue, chroniqueur, politologue, philosophe, romancier, quand il ne se transforme pas en technicien ou en économiste. En effet, cet homme curieux est tout à la fois l'auteur de traités d'équitation, de manuels de chasse, de récits historiques, et de l'un des premiers essais d'économie que nous connaissions en occident.
Lassé des complots et des mensonges qui transforment la démocratie en une pitoyable démagogie, il s'engage fort jeune comme mercenaire et part combattre en Asie. Rebelle à la décadence, à la médiocrité, au règne de l'argent tout-puissant qui a force de loi dans une Athènes qui se vautre dans les jeux politiciens les plus stériles, il reste en revanche fidèle à l'idéal grec classique de l'homme dévoué à sa cité, à ses proches et à la religion de ses pères.
Arrivés en Asie Mineure, victimes des complots et des trahisons qui sont le lot commun de la politique en orient, Xénophon et dix mille de ses compatriotes mettent en déroute la puissante armée des Perses et traversent d'immenses contrées peuplées de tribus sauvages. L'Anabase, le récit qu’il rapporte de cette prodigieuse aventure, deviendra la bible des aventuriers et des mercenaires de tous les temps.
De retour en Grèce, Xénophon ne peut malheureusement rentrer à Athènes. Les politiciens corrompus qui règnent en maîtres sur la cité se méfient des hommes d'action.
Le voici donc en exil, protégé par Sparte. Le "chien de guerre" se mue en gentleman-farmer. Disciple, tout comme son concitoyen Platon, du moraliste Socrate, il va se mettre à l'écriture et laisser une oeuvre dans laquelle domine l’attachement aux valeurs traditionnelles qui ont fait la force et la renommée des cités grecques.
Outre ses mémoires militaires, (l'Anabase), il sait tour à tour se faire historien, pédagogue, chroniqueur, politologue, philosophe, romancier, quand il ne se transforme pas en technicien ou en économiste. En effet, cet homme curieux est tout à la fois l'auteur de traités d'équitation, de manuels de chasse, de récits historiques, et de l'un des premiers essais d'économie que nous connaissions en occident.
samedi 9 octobre 2010
Les racines grecques de l'Europe et l'islam.
Tous les hommes de culture le savent bien, la civilisation européenne, notre Gaule comprise, doit beaucoup à la Grèce antique : pensée philosophique et politique, méthode scientifique, démocratie, usage de l'écriture, réflexion juridique, arts et architecture, monnaie, sont les principaux domaines dans lesquels elle eut et conserve encore une part déterminante.
Cette valeur inestimable de la pensée grecque fut reconnue par leurs vainqueurs Romains, hommes pragmatiques qui surent toujours emprunter aux autres, y compris à leurs ennemis, ce qui leur était utile, en particulier techniques de la guerre gauloises (cavalerie, glaive, scutum, etc.), pensée et littérature grecques. Dans l'Antiquité tardive, c'est encore la Grèce qui offre au christianisme naissant ses armes philosophiques et ses principes juridiques nécessaires à la codification des croyances et des pratiques. Et cette dette ne fut jamais oubliée ; à travers tout le Moyen-âge, on se souvient de l'importance de la culture grecque et on étudie continuellement ses principaux auteurs.
Pourtant, aujourd'hui, pullulent les idées fausses, parfois des mensonges éhontés, au sujet de la transmission des savoirs de nos Pères grecs. Ceux-ci auraient été sauvés grâce à l'intervention de savants musulmans qui, "en avance" sur l'Europe chrétienne, auraient servis de relais entre la Grèce et la Renaissance.
Les motivations de telles allégations, on les connaît : se plier au politiquement correct, donner une place officielle à de nouveaux venus dont la culture est totalement étrangère à celle de l'Europe traditionnelle, nier la valeur de la civilisation européenne, qui devrait tout aux "autres", rien à elle-même. Malgré l'énormité de ces bêtises, leur caractère inacceptable au plan moral, leur fausseté au plan scientifique, elles sont devenues des évidences pour les pense-petit. Des pense-petit qui ignorent sans doute que l'Afrique gréco-romaine fut ravagée et anéantie comme civilisation par la conquête islamique (VIIème-VIIIème siècles), que Constantinople, quelques siècles plus tard (1453), s'effondra sous les coups des Turcs, disparaissant avec sa prodigieuse bibliothèque ; et qui ignorent sans doute qu'entre ces deux événements dramatiques pour l'héritage grec, c'est en Europe, et non en terre d'islam, que l'on lit, copie, commente Aristote.
A ce sujet, on se félicitera de l'ouvrage qu'à fait paraître en 2008 Sylvain Gouguenheim,"Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l'Europe chrétienne" qui participe à lever le voile d'obscurantisme qui est tombé sur la pensée publique française, et ainsi de la dépouiller d'un des plus scandaleux mensonge intellectuel de notre temps.
Communauté Gauloise.com
Cette valeur inestimable de la pensée grecque fut reconnue par leurs vainqueurs Romains, hommes pragmatiques qui surent toujours emprunter aux autres, y compris à leurs ennemis, ce qui leur était utile, en particulier techniques de la guerre gauloises (cavalerie, glaive, scutum, etc.), pensée et littérature grecques. Dans l'Antiquité tardive, c'est encore la Grèce qui offre au christianisme naissant ses armes philosophiques et ses principes juridiques nécessaires à la codification des croyances et des pratiques. Et cette dette ne fut jamais oubliée ; à travers tout le Moyen-âge, on se souvient de l'importance de la culture grecque et on étudie continuellement ses principaux auteurs.
Pourtant, aujourd'hui, pullulent les idées fausses, parfois des mensonges éhontés, au sujet de la transmission des savoirs de nos Pères grecs. Ceux-ci auraient été sauvés grâce à l'intervention de savants musulmans qui, "en avance" sur l'Europe chrétienne, auraient servis de relais entre la Grèce et la Renaissance.
Les motivations de telles allégations, on les connaît : se plier au politiquement correct, donner une place officielle à de nouveaux venus dont la culture est totalement étrangère à celle de l'Europe traditionnelle, nier la valeur de la civilisation européenne, qui devrait tout aux "autres", rien à elle-même. Malgré l'énormité de ces bêtises, leur caractère inacceptable au plan moral, leur fausseté au plan scientifique, elles sont devenues des évidences pour les pense-petit. Des pense-petit qui ignorent sans doute que l'Afrique gréco-romaine fut ravagée et anéantie comme civilisation par la conquête islamique (VIIème-VIIIème siècles), que Constantinople, quelques siècles plus tard (1453), s'effondra sous les coups des Turcs, disparaissant avec sa prodigieuse bibliothèque ; et qui ignorent sans doute qu'entre ces deux événements dramatiques pour l'héritage grec, c'est en Europe, et non en terre d'islam, que l'on lit, copie, commente Aristote.
A ce sujet, on se félicitera de l'ouvrage qu'à fait paraître en 2008 Sylvain Gouguenheim,"Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l'Europe chrétienne" qui participe à lever le voile d'obscurantisme qui est tombé sur la pensée publique française, et ainsi de la dépouiller d'un des plus scandaleux mensonge intellectuel de notre temps.
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