mardi 19 octobre 2010

Le populisme ?

Après de longues années passées au fin fond du purgatoire idéologique européen, les hiérarques des différents partis frémissants de dédain voir de dégoût à sa seule évocation, le "populisme" semble avoir de nouveau droit de cité dans la sphère médiatico-poltique et connaît même d’indéniables succès sous le double effet de la crise financière mondiale et des légitimes craintes suscitées par le développement de l'immigration en terre d'Europe. A priori, on ne pourrait que se réjouir de ce retour en grâce, tant était insupportable le mépris hautain des élites autoproclamées (cette fameuse hyper-classe mondialisée) envers les préoccupations, les troubles, les souhaits et les questionnements des couches populaires et moyennes de la société.

Toute réticence à l’avènement programmé du village global métissé, hyper-technologique, multiculturel et joyeusement consumériste était alors immédiatement rejetée d’un revers de main au tréfonds de la fosse septique de la plus vulgaire des “beauferies” obscurantiste. Aujourd’hui, cet état de fait tend à sébrècher par les nombreuses percées, notamment électorales, des “mouvements populistes” qui ont fleuri en Europe ces dernières années. Des mouvements sur lesquels il convient toutefois de se pencher avec attention avant de s’enthousiasmer avec excès voir de totalement se fourvoyer.

Car qu’est-ce qui fonde l’honneur, le sens, la légitimité et parfois même la grandeur du populisme selon notre cœur ?

C’est le fait qu’il soit l’expression d’une âme collective, d’un génie propre, d’une vision spécifique de l’homme et du monde puisant sa source dans une histoire et une culture millénaire, la réaction charnelle et passionnée d'une société d'hommes face à ce qui agresse sa nature, ses valeurs et son identité propre. Le populisme est noble lorsque qu’il incarne la mémoire collective, l’instinct de la communauté, le souvenir du sol et des morts qui s’arrache aux contingences de l’époque pour s’imposer et défendre ce qui fait l’unicité de son destin. Cette résurgence salvatrice présuppose donc l’existence d’un véritable peuple, c'est à dire d’une entité homogène, cohérente, consciente d’elle-même, unie par un socle culturel et nourrie d’aspirations communes enracinées.

Or aujourd’hui, très peu de ces ingrédients sont réunis et le “peuple” tend de plus en plus à n’être qu’une fiction. De ce fait, le populisme moderne présente un tout autre visage que celui de ses prédécesseurs, à bien des égards, il lui est même franchement antinomique. Le populisme constitué par les masses acculturées et anti patriotiques n’a désormais plus le recours à l’âme immémoriale contre les maux qui lui portent atteinte.

Le constat est atroce mais indispensable à toute vélléité d’efficience politique. Le véritable populisme ne consiste donc pas uniquement à se mettre à la remorque des soubresauts du temps mais à recréer (par l’éducation, l’art, la communauté, l’exemple, la formation…) les conditions d’existence d’un peuple digne de ce nom.

2 commentaires:

Antoine a dit…

Populisme: panique chez les journalistes ! http://www.youtube.com/watch?v=qiGXTR2tpb8

Nearof a dit…

Merci pour ce complément d'information, Antoine.

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