dimanche 23 janvier 2011

De la fidélité à l'honneur.

Il est une valeur si proche de l'honneur qu'elle se confond presque totalement avec lui et qui pourtant, aujourd'hui, fait bien souvent sourire dédaigneusement les esprits prétendus forts, c'est la fidélité.

Cette valeur cardinale, fondatrice, pilier majeur de la famille et donc de la société européenne, est ainsi désormais piteusement reléguée au second plan, comme un accessoire un peu désuet certes agréable à découvrir parfois au détour des pages d'un roman mais tellement moins « drôle » dans la vie réelle. Bien pire, on aime de plus en plus souvent à se vanter de ses exploits infidèles que l'on pense sottement être l'expression d'une virilité exacerbée pourtant ici tristement réduite à sa caricature bestiale.

Alors que, tout au contraire, on reconnaît un homme à sa capacité à contraindre ses penchants et à respecter les serments prononcés, les petits coqs du priapisme prétendent prouver leur force et leur supériorité par ces gesticulations copulatoires aujourd'hui si communes qu'elles n'impressionnent plus que les puceaux complexés et les idiotes trop maquillées qui mesurent l'intérêt qu'elles peuvent susciter au nombre de visites hebdomadaires de leur intimité devenue publique.

Les plus sots, souvent réunis sous l'étendard d'un paganisme mal compris, cherchent à se dédouaner de toute responsabilité en excipant du caractère « non naturel » de la monogamie, argument qui, poussé au terme de sa logique, condamne toutes les productions de l'esprit et les constructions civilisationnelles, du courage à la charité en passant par l'altruisme et l'engagement qui ne sont nullement plus « naturels ».

Les plus spécieux aiment à se perdre en fumeuses distinctions entre « fidélité de cœur » et « infidélité de corps », se gargarisant de sophismes alambiquées n'ayant d'autre but que d'intellectualiser leur absolue soumission aux prurits du bas ventre.

Tous feignent d'ignorer que leur dromomanie sentimentalo-sexuelle n'est rien d'autre que la stricte application au domaine intime des codes et référents de la post-modernité triomphante : égoïsme, hédonisme compulsif, infantilisme, néo-nomadisme, consumérisme névrotique, culte du nombre, de la « performance »…

Tous oublient également que la fidélité est un tout et qu'on ne peut y renoncer partiellement sans que son essence même en soit souillée.

Zentropa.com

2 commentaires:

Indo a dit…

Et vlan !

La fidélité est le ciment avec lequel on bétonne la cellule familiale.

La fidélité, ce n'est pas qu'une question de ne pas tremper sa bite ailleurs, c'est aussi prêter allégeance l'un envers l'autre.

Mhh , ça me fait penser que dans mes cartons j'ai pour projet de donner des ficelles pour se marier sous contrat de mariage spécial qui annule une loi bien puante d'aujourd'hui, celle qui stipule que l'adultère n'est plus un motif de faute dans le cadre d'une procédure de divorce. Pupute hein.

Eisbär a dit…

L'infidélité à l'autre est la première étape d'une infidélité plus grave, celle que l'on s'impose à soi-même et qui mène à l'auto-destruction chronique de soi.

Derrière cette propension naturelle qu'ont les modernes au reniement du moindre engagement on retrouve les scories affreuses de la postmodernité : hédonisme débridé, consumérisme compulsif, désaffection pour la notion de lutte et celle d'appartenance à une collectivité au sens large de l'acceptation du terme. Tout doit être consommé, utile et jetable... éphémère et enivrant. Tout doit pouvoir être renouvelé incessamment y compris les êtres. Tout doit permettre l'ivresse dans le sensationnel éternellement réifié.

Ce tropisme morbide qui pousse à l'individualisme forcené cultive dans le même temps un sentiment contradictoire : la haine de soi qu'il faut transcender par l'exutoire sans cesse renouvelé de l'oubli addictif. Du reste chez beaucoup d'infidèle compulsif, le bout du chemin c'est la difficulté à s'accepter soi-même, se sont les doutes sur soi que l'on cherche à transcender dans une addiction perverse à la séduction sensée sublimer les imperfections sur lesquelles l'être s'immole de manière narcissique.

Tout ceci nous ramène finalement au culte mortifère de l'autodestruction qui est la seule éthique de la modernité.

J'ai lu sur Novopresse récemment un article assez intéressant sur les malaises de la jeunesse européenne : http://fr.novopress.info/77257/les-jeunes-europeens-en-perte-de-reperes-2/

Ton article y fait grandement écho. Pour retrouver des repères il faut retrouver le sens des limites, des nobles limites.

Quoi de plus noble comme limite que le serment respecté ?

Serment à une femme pour un homme, à un homme pour une femme, à une transcendance, une culture, une race, des racines... Oui quoi de plus noble comme repère pour la jeunesse que le serment de fidélité ?

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